Audace technologique, organisation stricte, budgets serrés, attractivité mondiale… C’est en relevant ces défis que le Cern s’est positionné au poste avancé de la recherche expérimentale en physique fondamentale. Une situation qui fait de l’Europe le leader d’une composante cruciale de l’aventure scientifique. Pourtant, ce destin glorieux n’était pas écrit.
Tout s’est joué il y a plus de vingt ans, lorsqu’Américains et Européens ont décidé ce qu’ils devaient construire pour repousser les frontières de cette physique de pointe. A l’époque, l’Europe dispose d’un collisionneur d’électrons (le LEP) qui a étudié en détail la frontière énergétique des 100 GeV (milliards d’électronvolts) par particule. Malgré les espoirs, le boson de Higgs est demeuré hors de portée. Les physiciens doutent alors qu’il puisse être découvert au Tevatron, l’accélérateur de protons du Fermilab (Etats-Unis). La physique exige un saut en énergie. Donc en puissance de l’accélérateur.
Zéro absolu. Les Américains font alors une grossière erreur en se lançant dans la construction du «Desertron», un accélérateur de plus de 86 km. Un choix guidé par la crainte de recourir à des technologies trop audacieuses. Les physiciens européens, eux, ont compris que les gouvernements ne financeront pas un second tunnel circulaire. Ils doivent donc caser leur machine dans celui creusé pour le LEP, de 27 km. Pour compenser cette petite taille, il faut recourir à des aimants supraconducteurs d'une grande puissa




