Lorsqu'ils sont partis, fin octobre 2010, vérifier les dires de leurs collègues russes, Alain Prinzhofer et Eric Deville n'y croyaient pas. L'équipe de Nikolay Larin avait contacté la direction de l'Institut français du pétrole-énergies nouvelles (IFP-EN) - où les deux chercheurs travaillaient sur un sujet controversé : la Terre serait-elle une source d'hydrogène, ce gaz (H2) qui, combiné avec l'oxygène, fait tourner des moteurs de fusée en produisant de l'eau.
Nikolay Larin les appâte avec une annonce ébouriffante. Des flux d'hydrogène sortant de terre, dans la plaine russe, à 500 kilomètres au sud-est de Moscou. Des flux de «40 000 m3 d'hydrogène par jour». Emanant de sortes de «trous de sorcières», des dépressions circulaires d'environ un kilomètre de diamètre, «dont une centaine parsèment la région», explique Alain Prinzhofer.
Ce dernier - ancien chercheur à l’Institut de physique du globe de Paris, actuellement au service d’une petite société pétrolière au Brésil - et Eric Deville penchaient pour une erreur de mesure : l’hydrogène n’est en effet pas censé sortir ainsi de terre. Et surtout, le géologue russe sent… le soufre. Nikolay Larin soutient en effet une théorie inventée par son père Vladimir Larin, en totale contradiction avec celle généralement enseignée, sur la formation de la Terre, il y a 4,56 milliards d’années. La sienne propose que de gigantesques quantités d’hydrogène ont été alors conservées à l’intérieur de la Terre.




