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«Tara» fait le tour du Nord

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La goélette débute une nouvelle expédition. Mission : collecter du plancton lors d’un périple autour de la banquise rendu possible par la fonte accélérée des glaces de mer.

Le voilier Tara au Groënland en 2004. (Photo F. Latreille. Tara expéditions.)
Publié le 16/05/2013 à 19h06

Ce dimanche, Tara repart vers l'Arctique. De son port d'attache, à Lorient, le voilier va prendre le cap au Nord, vers le détroit de Fram. Puis contourner la banquise par l'Est, avec une incursion en Sibérie. Passer côté canadien et se glisser entre les îles. Toucher la côte ouest du Groënland. Aller faire escale à Québec sur le Saint-Laurent et revenir, l'automne venu, à Lorient. Mission principale : collecter dans ces eaux le plancton, base de la chaîne alimentaire océanique. «De quoi compléter notre collection de planctons réalisée dans les quatre autres océans du monde entre 2009 et 2012», se réjouit le biologiste Chris Bowler (CNRS, Ecole normale supérieure).

Ce tour de l’Arctique fut longtemps un voyage mythique. Les marins de l’Amirauté britannique y ont laissé corps et navires en cherchant les passages du Nord-Ouest et du Nord-Est, fermés par les glaces.

Si Tara, goélette conçue pour les mers froides, peut envisager un tel périple en un seul été, c'est grâce au changement climatique provoqué par nos émissions massives de gaz à effet de serre. Charbon, gaz et pétrole, dont le CO2 réchauffe la planète une fois émis dans l'atmosphère, sont donc responsables de cette nouvelle mission scientifique. «En trente ans, 75% du volume des glaces de mer en fin d'été ont disparu. L'étendue de la banquise en fin d'été est passée de plus de 8 millions de km² dans les années 1980 à près de 3 millions en septembre 2012», assène Jean-Claude

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