Quel ménage font sciences et religions ? Mauvais, expliquent deux ouvrages qui viennent d'arriver en librairie. Le premier est fort courageux. La Science voilée, de Faouzia Farida Charfi, physicienne, éphémère secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche dans le premier gouvernement issu de la révolution tunisienne, attaque de front la volonté des islamistes de soumettre la science à la religion. Mais plus encore, l'ouvrage identifie, dans l'incapacité des sociétés musulmanes d'Afrique du Nord à laïciser leur rapport à la science, l'une des causes de leurs difficultés. Elle prend donc le risque de s'afficher comme cible des islamistes.
Son livre, très accessible, démonte sans hésitation les tentatives de faire «concorder» Coran et sciences, au prix d'acrobaties qui peuvent faire sourire. Présenter les sourates d'un langage poétique comme révélant les concepts de la mécanique quantique ou de la cosmologie moderne suppose une grande naïveté et une inconséquence intellectuelle totale. Charfi accuse les islamistes de vouloir «imposer l'autorité religieuse dans le domaine de la connaissance, objectif constituant l'un des piliers de [leur] projet politique». Elle puise dans son expérience les conséquences dramatiques d'une telle volonté. Enseignant la physique à la faculté des sciences de Tunis, elle s'est vue confrontée à des étudiants mettant en cause la vitesse finie de la lumière, base de la physique moderne. Leur argument ? Puisque




