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Enquête

Le climat a un grain

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Y a-t-il un mystère derrière ce printemps pourri ? Non, répondent les météorologistes, qui invoquent un blocage de la circulation atmosphérique au-dessus de l’Atlantique. En revanche, les spécialistes sont bien moins formels quant au futur du climat planétaire qui demeure très incertain.

Avec des précipitations supérieures à la moyenne, le sentiment de mauvais temps s'est renforcé ces derniers mois. (Photo Eric Franceschi)
Publié le 30/05/2013 à 19h06

Une météo pourrie depuis des mois ? C'est l'avis des amateurs de printemps chauds et secs et de week-ends à la campagne. Les professionnels et leurs statistiques ne le démentent pas. Pour Jérôme Lecou, ingénieur à Météo France, le printemps 2013 est le «plus froid depuis 1987, avec un écart de -1,2 °C par rapport à la moyenne climatique calculée sur 1981-2010». Des records ponctuels tombent, comme ce matinal 3,7 °C relevé à Paris le 24 mai, le plus froid depuis 1887.

Côté températures, l’hiver ne fut pourtant pas si froid ni si exceptionnel que le laissent penser les ronchonnements des frileux. Décembre dernier fut nettement plus chaud que la moyenne climatologique, avec 1,2 °C de plus. En outre, la période de référence, 1981-2010, comporte les années les plus chaudes depuis cent ans. Janvier ne fut inférieur que de 0,3 °C à la moyenne. En revanche, février creuse un écart de 1,9 °C en dessous et mars reste à -1,3 °C. Avril, grosse surprise pour nos souvenirs, est en réalité pile à la moyenne climatologique 1981-2010. Enfin, les statistiques disponibles sur mai montrent que, depuis le 9 du mois, les températures sont très inférieures à la moyenne, jusqu’à 3 °C de différence. Ces températures sont calculées sur l’ensemble du territoire, ce qui masque des pointes allant jusqu’à 10 °C de moins que la moyenne climatologique locale.

Jérôme Lecou souligne toutefois que le printemps 2013 est «similaire en températures moyennes avec ceux de 1983, 1984 (encore plu

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