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Energie Lost in transition

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Entre le poids idéologique des acteurs sociaux et leurs propres rivalités interdisciplinaires, les scientifiques invités au débat gouvernemental ont du mal à se faire entendre.

Publié le 27/06/2013 à 19h06

Peut-on introduire de la science dans le débat sur la transition énergétique ? L’initiative gouvernementale continue - non sans cahots et polémiques - avec une phase de débats jusqu’en juillet, censée aboutir au vote d’une loi d’orientation en octobre. Ministres, élus, ONG, partis politiques, entreprises, citoyens et lobbys de toutes sortes sont mobilisés. Logique, car les enjeux énergétiques, majeurs en économie ou en géopolitique, servent de marqueurs idéologiques.

Le président du «groupe d'experts» du débat, Alain Grandjean, ne se fait donc pas d'illusions :«Les acteurs sociaux veulent-ils vraiment échanger des arguments vérifiables, le signe caractéristique d'un débat fondé sur l'apport des sciences ? Il me paraît clair que non. Les organisations syndicales défendent les emplois de leurs mandants, les chefs d'entreprise leurs actionnaires, les ONG leurs positions préétablies… Les intérêts en jeu dominent ce débat, politique avant tout.»

Pourtant, souligne-t-il, la science est présente au début du débat sur la transition énergétique, puisqu'il est marqué par la contrainte climatique. Les sciences du climat à l'origine de la recommandation de maîtriser les émissions de gaz à effet de serre «ne sont pas mises en cause», note ainsi Alain Grandjean. Mais d'autres volets scientifiques ne bénéficient pas de la synthèse critique du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), qui a permis ce consensus. «On manque d'un Giec sur la bio

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