Vingt-quatre heures après avoir largué les amarres du Bassin Louise à Québec, le 16 novembre, Martin Hertau, capitaine de la goélette Tara, arrête les moteurs en plein milieu du Saint-Laurent. Dans la brume matinale, Christian Sardet, biologiste cellulaire et l'un des coordinateurs scientifiques de la mission Tara Oceans Polar Circle, relève le filet conique qu'il avait plongé à l'arrière du bateau. Il récupère deux petits bocaux d'eau glacée et file à l'intérieur vers son labo. Sous le microscope, des grappes de diatomées orange, ces algues unicellulaires microscopiques qui appartiennent au phytoplancton et fabriquent près de la moitié de l'oxygène qu'on respire sur Terre, illuminent l'écran. Ce miniprélèvement vient dans la continuité d'une observation plus globale qui a débuté en mai, avec pour but d'étudier le plancton du très particulier océan Arctique, dont le voilier Tara vient de faire le tour.
Tara Oceans Polar Circle a ainsi complété le travail de recherche accompli sur les mers du globe lors de la précédente expédition Tara Oceans, terminée l'an dernier au bout de deux ans et demi de pérégrinations. Chris Bowler, directeur de recherche au CNRS (Ecole normale supérieure à Paris), est satisfait. «Nous avons récolté près de 5 000 échantillons. Tous les équipements que l'on avait installés à bord ont fonctionné de façon très efficace, explique le porte-parole de l'expédition. Nous disposons désormais d'un jeu de données formidable que l'on va pouv




