Cet article d'actualité-fiction a été publié dans notre édition spéciale «Libération en 2053», à l'occasion des 40 ans du journal.
Depuis la panne gigantesque qui a frappé hier le monde numérique, les spécialistes s’interrogent. Sur sa cause, mais aussi sur sa guérison, tout aussi mystérieuse. C’est une affaire de logiciel, puisque les tuyaux eux-mêmes sont restés intacts. Sauf que les données transmises n’avaient plus aucune signification.
«Au plan descriptif, c'est archisimple, s'étonne Gérard Merry, titulaire de la chaire Algorithmes, Machines et Langage du Collège de France, tous les 1 du langage binaire de l'informatique ont été remplacés par des 0.» «Tous les bits à zéro», ose un geek dans un gweet déjà célèbre, de 16 caractères. Cette simple bascule a rendu le «déluge de données» qui fait le quotidien de notre planète numérique tout aussi dense, mais dénué de sens. Qui l'a déclenché, et qui l'a stoppé ?
«Ré-humanisation». Dans un premier temps, les spécialistes du cybercrime ont suivi les pistes de différents groupes de hackers. Celui qui mène depuis quelques années un «jihad numérique» a un temps été soupçonné. Mais, malgré des revendications postées ici ou là, la piste fut vite abandonnée, en raison de la panne qui a affecté l'émirat islamique du Yémen, la base arrière du groupe. Pour Iliad Khali, un repen




