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Le blé fait le bio

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A Rennes, l’Inra teste des centaines de lignées de blé sans herbicides, fongicides ni insecticides. Objectif : développer des variétés à meilleur rendement en agriculture biologique. Deux d’entre elles sont déjà inscrites au catalogue officiel.

ParSylvestre Huet
Envoyé spécial à Rennes
Publié le 05/12/2013 à 17h06, mis à jour le 08/12/2013 à 14h27

Les bottes bien plantées dans la terre gadouilleuse, l'agriculteur Christian Mogis et l'ingénieur Bernard Rolland, de l'Institut national de la recherche agronomique, contemplent leur blé en herbe. Ce champ de la ferme la Mandardière, à deux pas de Rennes (Ille-et-Vilaine), ferait sursauter un cultivateur. Pourquoi ces microparcelles, pas moins de 700, séparées par d'étroites bandes ? Sous l'apparente uniformité des jeunes pousses vertes - semées fin octobre, elles ne font que cinq à dix centimètres et se ressemblent beaucoup -, se cachent «200 lignées différentes de blé tendre, celui qui sert à faire du pain», précise Rolland.

«De qualité boulangère»

Ces lignées sont testées, à différentes étapes d'un long processus de sélection, «en condition d'agriculture biologique», se réjouit Christian Mogis. Son exploitation «bio»- laitière avec 70 vaches, mais qui produit également des céréales - certifie un sol sans herbicides, fongicides ni insecticides. Le centre de recherche Inra du Rheu, tout proche, n'en dispose pas. Il loue donc ici un champ certifié bio pour ces tests de «rendements», affirme Rolland. Et de «qualité boulangère», précise l'agriculteur qui vend près de 60 tonnes de blé bio, seigle et avoine, pour en faire du pain ou des céréales de petit déjeuner. Un point décisif : les variétés de blés tendres offrant les meilleurs rendements en agriculture intensive débouchent souvent sur une catastrophe en agriculture biolo

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