Un «super OGM» ? Une levure de synthèse ? Un outil pour la science ? Un outil pour les industriels des biotechnologies ? Un risque ? Une opportunité ? Vendredi dernier, la revue Science a publié un article (1) posant toutes ces questions. Il annonce la «synthèse totale d'un chromosome d'eucaryote, fonctionnel, et produit sur plans».
La revue n'hésite pas à parler de «mont Everest» de la biologie synthétique avec cette publication. Motif ? Il s'agit du «premier chromosome d'eucaryote» artificiel. L'un des seize chromosomes de la levure du boulanger, Saccharomyces cerevisiae pour les biologistes. Un micro-organisme utilisé pour faire du pain, de la bière, ou dans les productions de bioéthanol en fermenteur industriel. Mais également l'outil de base de la génétique des eucaryotes dans les laboratoires de biologie moléculaire du monde entier, apprécié pour sa robustesse et sa capacité à recopier l'ADN. «La levure, c'est pratique, pas cher, robuste… Un peu l'outil à tout faire», explique Romain Koszul (CNRS, Institut Pasteur) l'un des 80 signataires de l'article de Science. Une équipe internationale, surtout américaine (John Hopkins University à Baltimore) dirigée par Jef Boeke (New York University), mais où plusieurs groupes français (CNRS, université Pierre-et-Marie Curie) se sont glissés.
Eucaryote ? Le mot fait tilt pour tout biologiste et toute personne se souvenant de ses cours de biologie de collège. Le monde viv




