Après avoir lancé «tout est affaire de compression-détente», Lionel Duband, le chef du Service des basses températures, paye de sa personne, en moulinant des bras pour indiquer le «mouvement de piston, cinquante fois par seconde» qui comprime puis détend et, donc, refroidit le gaz d'hélium du dispositif présenté ici, dans un coin du grand hall, datant de la fin des années 50.
La scène se déroule dans le centre grenoblois du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives. Un centre totalement dénucléarisé, aujourd’hui orienté microélectronique et nano-objets. Toutefois, une de ses spécialités d’origine, la cryogénie - l’obtention et le maintien de températures très froides - y a pris un développement étonnant, au point d’en être un centre mondial.
Les «basses températures» qui donnent leur nom au SBT, laboratoire commun avec l’université Joseph-Fourier de Grenoble, où travaillent près de 70 personnes (chercheurs, ingénieurs et doctorants pour l’essentiel) relèvent donc de la litote et d’un affichage pour le moins modeste. Elles flirtent en effet avec le 0 kelvin - l’échelle de températures des scientifiques, qui débute au zéro absolu, soit -273,15°C.
Leaders de la course
Ce zéro absolu est un horizon inatteignable. Celui du «calme absolu», s'amuse Lionel Duband, au point que l'agitation des atomes et molécules - la définition physique de la température - serait nulle, au sens que le mathématicien donne à ce mot. Pour s'approcher au plus près de ce calme abs




