Le monde de la recherche va-t-il se lancer dans un conflit social ? Avec harcèlement des députés de la majorité gouvernementale, manifestations, menace de grève administrative, occupations symboliques de locaux, campagne médiatique… De quoi tenter de forcer le gouvernement de François Hollande à rompre avec le dogme anti-emplois publics pour créer des milliers de postes dans la recherche. C’est la question qui s’impose, après la réunion exceptionnelle du Comité national de la recherche scientifique (CoNRS), à Paris, mercredi. Ses membres, chercheurs, universitaires, ingénieurs ou techniciens, élus par leurs pairs ou nommés par la direction du CNRS, constituent un rouage clé de la recherche publique. Ils siègent en comités scientifiques d’instituts pour conseiller les directions. Mais aussi en jury, classant les candidats à l’embauche comme chercheurs par le CNRS. Ils opèrent ainsi des choix décisifs, souvent cornéliens tant les candidats excellents excèdent les postes ouverts, en chute libre.
Mercredi dernier, au centre universitaire des Saints-Pères, c'est à une tout autre activité que ces piliers de labos se sont livrés. Une réunion plénière de ses 1 200 membres. Initiative très rare, la cinquième en soixante-dix ans, les précédentes signalant des crises entre le monde de la recherche et le gouvernement en 1998, 2003, 2005 et 2009. Et motivée par une inquiétude aiguë. Celle de voir se profiler une catastrophe provoquée par «la crise de l'emploi scientifique».
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