L'islam à cinq piliers, la science contemporaine trois. L'expérience, la théorie - un duo ancien - et la simulation numérique, une création permise par l'informatique. Einstein réfléchissait souvent par «expérience de pensée». Les scientifiques du XXIe siècle ont à leur disposition un outil dont il ne pouvait que rêver pour simuler ces expériences. Des supercalculateurs, broyeurs de nombres, capables de mouliner des milliards de milliards de chiffres et de résoudre des équations pour un nombre de cas astronomiques. A partir de modèles mathématiques représentant, plus ou moins fidèlement, la réalité. Ils permettent de simuler l'évolution de la circulation atmosphérique, les tourbillons dans un fluide, les interactions entre particules élémentaires, entre molécules pour inventer un médicament ou le fonctionnement d'un réacteur nucléaire. La liste s'allonge sans cesse, tant pour la recherche fondamentale que pour les technologies.
Du coup, la puissance scientifique des pays se mesure aussi à leurs capacités en «calcul intensif», le nom officiel de cette activité stratégique. Une activité où les demandes des chercheurs sont très supérieures à l'offre, explique Olivier Pironneau, professeur à l'université Pierre-et-Marie-Curie : «Les puissances de calcul dont nous rêvons pour les études sur le cerveau, la physique - reproduire par le calcul la masse du proton à partir des équations de Dirac - ou le climat sont énormes par rapport aux machines actuelles.»
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