Depuis mercredi matin, le système solaire héberge un nouveau couple. Une chimère formée d’un astre et d’un engin conçu par l’homme. Ils naviguent de conserve, à moins de 100 kilomètres l’un de l’autre, filant à 55 000 km/h autour du Soleil, à environ 500 millions de kilomètres de l’étoile et 405 millions de kilomètres de la Terre.
L’astre de ce couple est la comète Tchouri, de son nom complet Tchourioumov-Guérassimenko (en hommage à ses deux découvreurs russes), une boule de neige peu dense formée de glace d’eau couverte de poussière et peut-être d’un noyau rocheux. L’engin, c’est Rosetta, la sonde de l’Agence spatiale européenne. Un vaisseau d’exploration à un milliard d’euros, lancé par une fusée Ariane depuis Kourou, en mars 2004. Rosetta porte les espoirs de plusieurs centaines de scientifiques et va réaliser une première spatiale : naviguer auprès de la comète durant plusieurs mois et y poser en novembre un petit robot, Philae. De quoi obtenir des informations inédites sur ces astres glacés, qui témoignent de la formation du système solaire il y a 4,5 milliards d’années.
Pour ce rendez-vous galant, Rosetta a vécu dix ans de voyage, 6 milliards de kilomètres avalés à 61 000 km/h, les survols des astéroïdes Steins et Lutetia, une partie de flipper cosmique avec Mars et la Terre pour acquérir la vitesse de 61 000 km/h par effet de fronde gravitationnelle. Et une mise en hibernation risquée de plusieurs années jusqu’à son réveil, le 20 janvier.
Tout ça pour un ultime «coup de




