Dans la torpeur du mois d'août, l'administrateur général du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a reçu une lettre. Signée de cinq membres du gouvernement - Ségolène Royal, Benoît Hamon, Geneviève Fioraso, Arnaud Montebourg et Michel Sapin -, elle se termine ainsi : «Nous vous confirmons la décision […] de mise à l'arrêt définitif du réacteur Osiris au 31 décembre 2015, date fixée par l'Autorité de sûreté nucléaire […].»
Osiris, c’est un vieux réacteur du centre de Saclay (Essonne). Mis en service en 1966, il est de faible puissance (70 MW thermiques). Il a servi pour étudier les combustibles et les matériaux des centrales nucléaires actuelles et futures. Mais aussi pour produire des radioéléments utilisés en médecine, pour la radiothérapie et l’imagerie médicale (scintigraphie). Une imagerie permise par la livraison de générateurs à technétium-99 (1) aux hôpitaux qui en font un usage massif, 1 million d’examens par an en France, 8 millions en Europe.
L'arrêt d'Osiris n'a rien d'inattendu. Michel Bourguignon, l'un des cinq commissaires qui dirigent l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le souligne : «Nous avions posé le problème il y a dix ans, en alertant les pouvoirs publics.» Quel problème ? Celui d'une pénurie possible de technétium-99, car seuls de très rares réacteurs de recherche en produisent dans le monde. La plupart sont, comme Osiris, très vieux. Et la durée de vie très courte du radioélément suppose un flux continu




