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Pour la conscience, tapez «le Code»

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Dans un livre choc, le neuroscientifique Stanislas Dehaene explique les dernières avancées de l’exploration du cerveau, dont les «mystères philosophiques» s’évanouissent en fumée.

Publié le 30/10/2014 à 17h26

Même pas peur. Pas peur du secret de «l'âme». De «l'énigme de l'esprit». De la «transcendance» nécessairement attachée à la conscience dont «l'essence» serait à jamais insaisissable. Assis bien droit dans son bureau si neuf qu'il en est absolument vide de professeur au Collège de France - institution savante aux cours ouverts à tous, créée par François 1er -, Stanislas Dehaene n'a peur de rien. Et surtout pas d'affirmer que cette fameuse conscience n'est pas ce «mystère philosophique» devant lequel les scientifiques, surtout ceux qui se penchent sur la matière du cerveau, sont priés de se prosterner en avouant qu'il est trop profond pour… leur cervelle.

Credo matérialiste

Stanislas Dehaene en a si peu, de craintes, qu'il propose un livre titré le Code de la conscience (1) et joue le commissaire scientifique pour «C3RV34U, l'expo neuroludique» (2) de la Cité des sciences à Paris, où les dernières avancées des neurosciences sont décortiquées. Pourtant, avoue-t-il, «la conscience a longtemps eu mauvaise réputation dans nos labos». Lorsqu'il démarre sa thèse en psychologie cognitive, il découvre que ce terme est à bannir de tout article, et même des discussions de cafétéria, si l'on veut s'afficher sérieux. Après trente ans de recherches au cours desquelles le cerveau est devenu «transparent» aux instruments inventés par les physiciens, il prétend réduire ce mystère philosophique à un «phénomène de laboratoire»

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