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Comment cette structure a imposé son autorité scientifique

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Né sous la pression de Reagan et Thatcher, le Giec a accompagné la montée des prises de conscience du changement climatique.

Publié le 02/11/2014 à 19h46

Tel est pris qui croyait prendre. C’est l’histoire du Giec, Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, depuis sa création en 1988. Une décision prise par le G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Canada, Italie) sous la pression de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Ces derniers ne voulant pas voir une agence de l’ONU, soupçonnée de militantisme écologique, mettre la main sur l’expertise climatique. S’il est ouvert à tous les membres de l’ONU, et son secrétariat pris en charge par l’Organisation météorologique mondiale, les décisions majeures du Giec sont donc prises en réunion plénière, par un vote des délégations gouvernementales où l’on recherche le consensus.

Hybride. Le résultat de l'opération doit faire se retourner dans leurs tombes les deux chefs de file de la révolution fiscale en faveur des plus riches. Organisation hybride - scientifique dans son fonctionnement, mais dont les «résumés pour décideurs» sont approuvés par des délégations gouvernementales -, le Giec voit ses rapports difficilement contestables par les pouvoirs politiques, puisqu'ils les signent.

En 1988, le souci climatique émerge des laboratoires des sciences du climat. L’élévation des teneurs de l’atmosphère en gaz à effet de serre (GES) ne fait plus de doute. Les premiers calculs montrent que le changement climatique provoqué par le doublement de la teneur en CO2 serait proche de celui qui sépare une ère glaciair

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