La comète Tchouri nous en apprend de belles sur l’histoire de notre Terre. Et renforce le mystère sur l’origine des océans. Ces derniers seraient finalement moins redevables aux comètes que ne le pensaient certains planétologues, d’après les subtiles mesures réalisées par la sonde Rosetta dans la chevelure de Tchouri depuis août.
Une équipe de 32 scientifiques d'Allemagne, de Suisse, des Etats-Unis, de Belgique, d'Israël, avec une forte participation française (1), relate dans le prochain numéro de Science les mesures de Rosina, un spectromètre de masse très futé. Et donne un vigoureux éclairage sur un sujet de discussion très vif dans les laboratoires de planétologie : d'où viennent les océans de la planète bleue ? La réponse la plus simple - ils se sont formés en même temps que la Terre il y a 4,5 milliards d'années - se heurte à une difficulté soulevée par la physique nucléaire. Une histoire d'eau lourde.
Les molécules d’eau sont formées de deux atomes d’hydrogène et d’un d’oxygène. Mais il existe des isotopes différents de ces atomes. Comme le deutérium - un hydrogène doté d’un neutron supplémentaire. S’il prend la place d’un hydrogène dans la molécule d’eau, elle est dite «lourde».
Ratio. Or, le rapport isotopique de l'eau terrestre - la proportion d'eau lourde - ne colle pas avec celui de la nébuleuse protosolaire, le nuage de gaz et de poussière où sont nés Soleil, planètes et petits corps du Système solaire : mesuré dans la




