«A 20 mètres, franchement, je ne vois pas la différence avec la vraie grotte.» Jean-Michel Geneste, préhistorien, responsable de l'équipe scientifique qui fouille la grotte Chauvet (du nom de l'un des spéléologues amateurs qui l'a inventée en 1994), se tient là où vous pourrez vous tenir à partir de la fin avril. Et, comme lui, vous aurez sous les yeux lionnes à l'affût, chevaux sauvages, rhinocéros laineux, bisons et autres merveilles de cet art pariétal réalisé il y a 36 000 ans, dans une caverne de calcaire, au bord de l'Ardèche, qui roule ses eaux sous l'arche de Vallon-Pont-d'Arc.
Si le préhistorien - qui pourtant s'est aiguisé l'œil durant des décennies et dans le monde entier sur les œuvres de nos lointains ancêtres - vous jure que l'on peut s'y tromper, c'est que la caverne du Pont-d'Arc, le nom officiel donné à cet équipement culturel en phase d'achèvement, vise une «restitution» de la grotte Chauvet. Et non une pâle copie. Il suffit d'ajouter ce qui manque à la visite de presse - l'obscurité percée des lumières mettant en valeur gravures, peintures mais aussi draperies et stalactites, le chuchotement du guide aux oreilles, le silence après une entrée où seront amplifiés les bruits de la nature environnante… - pour parier que le choc que ressentiront les visiteurs ressemblera à celui tant de fois décrit par les découvreurs.
Bestiaire de l’ère glaciaire
C’est le 18 décembre 1994 que Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hilla




