Avez-vous déjà remarqué l'odeur de la campagne après une légère pluie d'été ? Une équipe de scientifiques du Massachusetts Institute of Technology (MIT) pense avoir découvert la source de ce phénomène appelé pétrichor, qui relâche dans l'air ces senteurs ainsi que d'autres aérosols.
Cullen R. Buie et Youngsoo Joung ont observé des gouttes de pluie lors de leurs chutes grâce à des caméras haute vitesse. Les images que les deux scientifiques ont récupérées ont permis de mettre en évidence un mécanisme jusque-là encore inconnu. Lorsque la goutte d'eau entre en contact avec le sol, elle commence à s'aplatir. Simultanément, de minuscules bulles se forment et s'élèvent depuis la surface pour être projetées sous forme de gouttelettes avant d'éclater dans les airs. Selon le type de pluie ainsi que de sol, un nuage «frénétique d'aérosol» peut alors être dispersé, faisant de même avec toutes les odeurs emprisonnées dans ces bulles microscopiques.
«"Frénétique" signifie que des centaines de gouttelettes aérosols peuvent être générées en un laps de temps extrêmement court, quelques microsecondes, explique Youngsoo Joung. Et cette vitesse de génération des aérosols peut être contrôlée en fonction du type de revêtement et des différentes conditions d'impact.»
De ces observations, l'équipe a déduit qu'une pluie modérée produit bien plus d'aérosol qu'une pluie battante. «Lors d'une très grosse pluie, la vitesse d'impact est très importante, ce qui signifie qu'il n'y aura pas assez de temps pour que les bulles puissent se former à la surface des gouttes», poursuit Joung.
«Il pleut tous les jours. Quelque part dans le monde, il pleut en ce moment même. C'est un phénomène très courant, et je trouve ça extrêmement intrigant que personne n'ait observé ce mécanisme auparavant», s'étonne Cullen R. Buie. «Jusqu'à présent, on ignorait complètement que des aérosols pouvaient être générés à partir des impacts des gouttes de pluie sur le sol, poursuit Joung. Cette découverte devrait être une bonne référence pour des travaux à venir. Comme ceux sur les microbes et les produits chimiques existant dans le sol (l'Escherichia Coli par exemple), et sur comment ils peuvent être relâchés dans l'air et potentiellement se transmettre aux humains.»
«Les aérosols présents dans l'air peuvent sûrement provenir de ce mécanisme, explique Buie. Peut-être que ce n'est pas la pluie mais les systèmes d'arrosage automatique par exemple qui dispersent les contaminants présents dans les sols et peut-être même sur des distances bien plus grandes que ce que l'on pourrait croire.»
Joung poursuit : «Pour prévenir la transmission de micro-organismes, de la nature à l'humain, nous avons besoin de comprendre exactement comment elle s'effectue. Grâce à ces travaux nous fournissons un élément de réponse.»




