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Laboratoires

Recherche : des mois de travaux perdus et des carrières fragilisées

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Souris sacrifiées, terrain inaccessible, l'activité scientifique hors Covid-19 a été mise en pause pendant deux mois, mettant en péril les carrières déjà précaires des jeunes chercheurs.

Au centre de recherche en neurosciences Cermep à Bron, près de Lyon. (Photo Philippe Merle. AFP)
Publié le 14/05/2020 à 15h31

La recherche sur la Covid-19 fait les gros titres, mais c'est la seule qui est vraiment en marche. Dans les autres disciplines, les laboratoires sont à l'arrêt, ou presque. Pas de chômage partiel, un personnel extrêmement réduit autorisé dans les locaux. «Nous avons dû opérer une réduction drastique de l'animalerie», explique Chantal Desdouets, directrice de recherche à l'Inserm.

Son équipe travail sur la maladie du foie gras. Ses expériences consistent à soumettre des souris à un régime gras pendant des mois pour étudier l'impact sur le foie. Du jour au lendemain, la moitié des souris présentes ont été «sacrifiées». Faute de travail, les chercheurs ont donné leurs gants et blouses à l'hôpital.

Terrains inaccessibles

Tous les secteurs de la recherche sont touchés. Pour Grégoire Borst, en psychologie du développement, c'est la fermeture des écoles qui pose problème. «Nous menons des recherches interventionnelles avec des interventions pédagogiques dans les classes. Il s'agit de suivre des élèves dans la durée, mais la crise est arrivée au milieu de ces interventions et nous ne pourrons pas les mener à terme.»

Autre univers, l’astrophysicien Olivier Berné voit son travail repoussé de plusieurs mois, la crise ayant – encore – amené la NASA à retarder les appels à projets d'observations dépendants du lancement du télescope spatial James-Webb.

Sébastien Barot, lui, n'aurait pas dû se trouver à Paris au printemps. «J'étudie les interactions entre le sol et les graminées. Mon t

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