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85 secondes avant la fin du monde : l’horloge de l’apocalypse se rapproche plus que jamais de minuit

Cet indicateur métaphorique, créé en 1947, est déterminé par un groupe d’experts américains en fonction des périls qui menacent le monde, le nucléaire, le changement climatique ou la politique de Donald Trump. Il a encore perdu 4 secondes cette année.

Invoquant les risques nucléaires croissants et les dangers climatiques incontrôlés, le groupe a avancé l'horloge à 85 secondes avant minuit, le plus près qu'elle ait été depuis le pic de la guerre froide en 1953. (WIN MCNAMEE/Getty Images via AFP)
Publié le 27/01/2026 à 18h00, mis à jour le 27/01/2026 à 18h18

L’horloge de l’apocalypse, qui symbolise depuis 1947 l’imminence d’un cataclysme planétaire, s’est rapprochée ce mardi plus que jamais de minuit, alors que les inquiétudes grandissent concernant les armes nucléaires, le changement climatique et la désinformation. Le Bulletin of the Atomic Scientists l’a réglée à 85 secondes avant minuit, soit quatre secondes de moins qu’il y a un an.

Cette annonce intervient un an après le début du second mandat du président américain Donald Trump, au cours duquel il a bouleversé l’ordre mondial, ordonnant des attaques unilatérales et se retirant d’une série d’organisations internationales. La Russie, la Chine, les Etats-Unis et d’autres grands pays sont «devenus de plus en plus agressifs, hostiles et nationalistes», a indiqué ce groupe de scientifiques dans un communiqué annonçant l’avancement de l’horloge, décidé après consultation d’un comité incluant huit lauréats du prix Nobel.

«Les accords internationaux obtenus de haute lutte sont en train de s’effondrer, accélérant une compétition entre grandes puissances où le vainqueur remporte tout et sapant la coopération internationale essentielle pour réduire les risques de guerre nucléaire, de changement climatique, d’utilisation abusive des biotechnologies, de menace potentielle de l’intelligence artificielle et d’autres dangers apocalyptiques», ont-ils affirmé.

Le comité a également mis en garde contre les risques accrus d’une course aux armements nucléaires, alors que le traité New Start sur la réduction des armes nucléaires entre les Etats-Unis et la Russie doit expirer la semaine prochaine et que Donald Trump fait pression pour mettre en place un système de défense antimissile coûteux, le «Dôme d’or», qui placerait des armes en orbite.

«Une technologie prédatrice»

Il a également souligné les niveaux records d’émissions de dioxyde de carbone, principal facteur du réchauffement climatique. Là aussi, Donald Trump a radicalement inversé la politique américaine en matière de lutte contre le changement climatique. «Nous vivons un Armageddon de l’information – la crise sous-jacente à toutes les crises – alimenté par une technologie prédatrice qui propage les mensonges plus vite que les faits et tire profit de nos divisions», a par ailleurs déclaré Maria Ressa, journaliste d’investigation philippine et lauréate du prix Nobel de la paix en 2021.

Parfois nommé horloge de la fin du monde, cet indicateur métaphorique a été créé en 1947 face à la montée du péril nucléaire et l’affrontement entre les deux blocs pendant la Guerre froide. L’année de sa création, l’horloge avait été réglée à minuit moins sept minutes. Depuis, les membres de cette organisation basée à Chicago ont élargi les critères pour inclure, par exemple, les pandémies, la crise climatique ou les campagnes étatiques de désinformation.

Le Bulletin of the Atomic Scientists a été fondé en 1945 par Albert Einstein et des scientifiques ayant travaillé sur le projet «Manhattan», qui produisit la première bombe atomique. Le groupe d’experts fixe chaque année la nouvelle heure.

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