«Je mentirais en disant qu’on n’avait pas l’espoir de trouver une breloque.» Mais cette année, pour sa huitième saison de fouilles à Tanis, Frédéric Payraudeau a déniché beaucoup mieux. Avec son équipe, au cœur de la nécropole royale de cette capitale de l’Egypte ancienne située dans le delta du Nil, l’archéologie a tiré de terre un magnifique trésor : 225 statuettes funéraires de céramique. Aussi appelées ouchebtis et vieilles d’environ 2 800 ans, elles ont été trouvées dans une tombe anonyme. «Une première en 80 ans», vante la Mission française des fouilles de Tanis (Ecole pratique des hautes études - PSL), qui s’est structurée à partir de la mise au jour de la nécropole royale par l’archéologue Pierre Montet entre 1929 et 1946.
Présentée à Paris vendredi 5 décembre, la découverte des ouchebtis a d’abord été, avant sa révélation par les autorités égyptiennes, un secret difficile à garder. «Deux jours après la bonne nouvelle, je vais dans le village le plus proche pour changer de l’argent, le directeur de la banque m’accueille et me dit “alors, c’est toi qui as trouvé des statuettes de la 22e dynastie ?” En fait, tout le village était au courant !» rac




