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La Française Sophie Adenot en route vers l’ISS

La nouvelle astronaute européenne, ex-pilote d’hélicoptère, a décollé ce vendredi de la base spatiale de Cap Canaveral avec son équipage pour une mission longue de neuf mois dans la station spatiale internationale. L’arrimage est prévu samedi soir.

Une fusée Falcon 9 de SpaceX avec un équipage de quatre personnes à bord du vaisseau spatial Dragon décolle de la rampe 40 de la base spatiale de Cap Canaveral, en Floride, le vendredi 13 février 2026. (John Raoux/AP)
Publié le 13/02/2026 à 10h57, mis à jour le 13/02/2026 à 16h17

En résumé :

  • A 11 h 15 ce vendredi 13 février, la nouvelle astronaute française Sophie Adenot a quitté la Terre à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX. Elle doit arriver sur l’ISS samedi à 21h15.
  • La Française s’envole pour une mission longue de neuf mois à bord de la station spatiale internationale, au cours de laquelle elle va participer à plus de 200 expériences.
  • Vingt-cinq ans après Claudie Haigneré, elle est seulement la deuxième Française de l’histoire à voler dans l’espace.
Le 13/02 à 15H05

Un long voyage

Pourquoi faut-il 34 heures à des astronautes pour arriver à 400 kilomètres d’altitude, alors qu’une voiture sur l’autoroute parcourt la même distance en 3 heures ? La science des voyages spatiaux est complexe.

D’abord, il faut évidemment se figurer que la fusée ne monte pas en ligne droite : le but n’est pas de percuter l’ISS de plein fouet, mais de s’en approcher en douceur pour s’y arrimer. Le lanceur Falcon 9 part donc en courbe pour se placer en orbite, sur une trajectoire circulaire autour de la Terre. Il s’agit ensuite de caler la course du vaisseau Falcon 9 sur celle de la station spatiale, progressivement, un peu comme on s’approche d’un trou de golf en plusieurs étapes, de plus en plus précises. Après plusieurs tours de Terre (chacun durant 90 minutes), les deux vaisseaux spatiaux finissent par se retrouver face à face, exactement alignés, exactement à la même vitesse, pour qu’il ne reste qu’à les rapprocher mètre par mètre, puis centimètre par centimètre, avant de verrouiller l’attache. Tout cela prend des heures.

Il est possible d’accélérer le trajet avec un profil de vol plus direct, qui nécessite de consommer plus de carburant. C’est ce que font habituellement les Russes avec leur vaisseau Soyouz, qui sait atteindre l’ISS en 6 heures, voire en moins de 4 heures pour le record absolu. Mais les vaisseaux américains de SpaceX choisissent un trajet plus lent, qui permet aussi aux astronautes de dormir avant la longue séquence d’arrimage et d’installation dans l’ISS. Le voyage en Crew Dragon dure souvent autour de 24 heures – le record de brièveté était de 15 heures en août 2025, et l’actuel de 34 heures est particulièrement lent.

Le 13/02 à 11H40

En apesanteur

Maintenant que Crew Dragon est en orbite, la phase de croisière commence et les astronautes vont pouvoir prendre leurs aises pour les 34 heures à venir avant l’arrimage à l’ISS. Ils ont ouvert les visières de leurs casques et discutent aux côtés d’une peluche verte qui flotte dans la cabine, choisie par l’équipage comme «indicateur Zero-G».

«Au décollage, on est attachés par une ceinture à 5 points, avec les jambes et les pieds liés au siège. C’est crucial pour la sécurité, mais cela signifie qu’on ne sent pas le moment exact où la pesanteur disparaît», a expliqué l’astronaute américaine Anne McClain sur Instagram la semaine dernière. «C’est là que l’indicateur Zero-G entre en jeu : chaque équipage choisir un petit objet doux, parfois un jouet de nos enfants, d’autres fois une peluche conçue spécialement pour la mission, et l’accroche dans la capsule. Quand il commence à flotter, on sait qu’on est en apesanteur. On est dans l’espace !»

Une mignonne tradition des vols spatiaux, qui donne à l’équipage l’occasion de garder un lien affectif avec un objet de leur vie terrestre. En conférence de presse, Jessica Meir a par ailleurs raconté emmener avec elle un lapin en peluche appartenant à sa fille de 3 ans, qui en garde un autre exemplaire identique sur Terre. La commandante de la mission compte bien photographier le lapinou dans toutes ses aventures sur l’ISS pour envoyer son journal de bord à sa fille.

Le 13/02 à 11H26

Un vaisseau en orbite

9 minutes et 45 secondes après le décollage, le second étage de la fusée a aussi consommé tout son carburant et se détache du vaisseau. A 199 kilomètres d’altitude, le Crew Dragon «vole librement», commente l’équipe de SpaceX qui diffuse le décollage. Il est désormais officiellement en orbite, lancé autour de la Terre à 27 000 kilomètres heure, soit presque la même vitesse que l’ISS qu’il doit rejoindre d’ici samedi.

L’arrimage à la station est prévu samedi 14 février à 21h15 heure de Paris. Le vaisseau de SpaceX s’accrochera de manière autonome à l’un des ports de la station spatiale, avant que les portes ne s’ouvrent et que les astronautes puissent franchir le sas.

Le 13/02 à 11H15

Décollage !

3, 2, 1… et Liftoff ! La fusée Falcon 9 s’est élevée dans un halo de lumière, après l’allumage de tous ses moteurs dans la nuit noire. La trajectoire est nominale – c’est-à-dire conforme à ce qu’on attend, dans le milieu de l’astronautique.

Après 2 minutes et 35 secondes de vol, l’étage principal de la fusée, le plus grand, s’est séparé du vaisseau Crew Dragon pour retomber vers la Terre. Ce premier étage est essentiellement un réservoir à carburant géant, qui est désormais vide et représente un poids inutile. Il doit être récupéré par SpaceX en retournant sur son pas de tir de manière contrôlée. «C’est la première fois que SpaceX lance et fait réatterrir un booster sur la même base de lancement à Cap Canaveral», note la Nasa.

Pendant ce temps, le second étage et la capsule habitée continuent leur ascension à 6100 kilomètres /heure, et sont déjà à 70 km d’altitude. Ils doivent rejoindre l’ISS à 400 kilomètres d’altitude.

Le 13/02 à 11H05

T-10 minutes

Le compte à rebours final s’enclenche, dix minutes avant l’heure prévue du décollage. Les feux sont toujours au vert pour un départ à l’heure sur le pas de tir du centre spatial Kennedy, en Floride, où il faut toujours nuit.

Aux côtés de Sophie Adenot dans le cockpit sont installés la commandante de la mission, l’Américaine Jessica Meir dont c’est le deuxième vol spatial, le Russe Andreï Fediaïev vétéran lui aussi, et le pilote américain Jack Hathaway qui décolle pour la première fois tout comme Adenot. Le décollage était initialement prévu pour ce mercredi 11 février, mais il a été reporté deux fois à cause d’une météo défavorable.

Le 13/02 à 10H50

Remplissage des réservoirs

Une demi-heure avant le décollage commence l’étape de la station-service : les réservoirs de l’étage principal sont remplis de kérosène et d’oxygène liquide. Le second étage suivra juste après, puis les réservoirs seront mis sous pression. L’oxygène est très difficile à manipuler, car il doit être refroidi à -180°C environ pour rester liquide.

Le 13/02 à 09H30

Attention à la fermeture des portes

Les quatre membres de l’équipage sont installés dans la capsule Crew Dragon de SpaceX, au sommet de la fusée Falcon 9. A 3h27 heure locale (soit 9h27 à Paris), la Nasa a annoncé que la porte est désormais fermée et scellée.

Le 13/02 à 09H00

Que d'encouragements

«Vas-y Sophie, allume le ciel ! On est tous avec toi», l’a encouragé Thomas Pesquet quelques heures avant son décollage, sur ses réseaux sociaux. «Comment ne pas imaginer l’excitation mêlée d’incrédulité qui doit l’habiter, l’envie de performance et le léger trac, les yeux qui brillent mais le pincement au ventre, que tous ressentent à l’approche du premier décollage ? Ça n’a rien de facile de quitter la terre et les siens aussi longtemps. Rien du tout.» L’astronaute a des souvenirs bien précis de ce qu’on vit le jour du grand départ, puisqu’il a déjà séjourné deux fois dans l’ISS en 2016 et 2021, mais jamais aussi longtemps qu’Adenot : ses missions avaient duré six mois.

Emmanuel Macron s’est aussi fendu d’un message d’encouragement sur Instagram.

Le 13/02 à 08H45

Son programme à bord de l’ISS

Le 13/02 à 08H30

Sophie Adenot, une nouvelle étoile dans l'espace

Ingénieure aéronautique de formation et pilote d’hélicoptères de carrière, Sophie Adenot est aujourd’hui colonel dans l’Armée de l’air. Elle a candidaté pour devenir astronaute quand l’Agence spatiale européenne a lancé sa dernière procédure de recrutement en 2021. Après un an et demi de rigoureuse sélection, en novembre 2022, la liste des heureux élus a été dévoilée : cinq astronautes titulaires dont Sophie Adenot, plus onze réservistes et un «parastronaute».

La Française de 43 ans originaire de la Nièvre a commencé son entraînement d’astronaute au printemps 2023, et a rapidement été affectée par la Nasa à une mission sur l’ISS prévue en 2026. Il a donc fallu accélérer son programme de préparation, et Sophie Adenot se retrouve aujourd’hui avec le record de l’entraînement le plus court (et donc intense !) de l’histoire des astronautes européens.

Début du live : le 13/02/2026 à 10:57
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