«Nous venons de nous amarrer à la Station spatiale internationale, tout s’est passé de façon normale, et la Terre est vraiment belle depuis là-haut !» Tels sont les premiers mots prononcés depuis l’ISS par la Française Sophie Adenot ce samedi 14 février vers 21 h 30. Avec ses collègues Jessica Meir (capitaine de la mission), Jack Hathaway et Andrei Fedyaev, elle avait quitté la Terre à Cap Canaveral vendredi 13 février à 11 h 15 à bord du vaisseau Crew Dragon de Space X. Les quatre astronautes de l’équipage Crew-12 ont atteint leur destination à 21 h 15 (heure de Paris), après 34 heures de vol. La procédure d’amarrage a ensuite duré une dizaine de minutes, sans difficulté.
Le vaisseau s’est accroché de manière autonome à l’un des ports de la station spatiale. Une fois le sas franchi, les spationautes retrouveront leurs collègues arrivés sur l’ISS en novembre dernier, l’Américain Christopher Williams ainsi que les Russes Sergei Kud-Sverchkov et Sergei Mikayev. «Sophie Adenot et Jack Hathaway, qui effectuent leur premier vol, recevront ensuite leurs ailes d’astronautes des mains du commandant de la station, Sergei Kud-Sverchkov, lors d’une brève cérémonie», précise l’Agence spatiale européenne (ESA) sur son site internet.
Les quatre membres de l’équipage resteront en orbite durant huit mois, à 400 kilomètres au-dessus de la planète bleue. Là-haut, dans ce mastodonte de 450 tonnes et 110 mètres de long, Sophie Adenot participera à plus de 200 expériences scientifiques. Elle est la première femme française à effectuer un voyage spatial depuis Claudie Haigneré, il y a vingt-cinq ans.
«Une journée complète pour se connecter à la Station»
Si les vaisseaux russes rejoignent l’ISS en quelques heures (le record absolu a été enregistré par Soyouz, en moins de 4 heures), l’appareil de Space X suit un itinéraire bien moins rapide, qui a notamment le mérite d’économiser du carburant et de permettre à l’équipage de dormir avant la phase d’arrimage. Il a été placé en orbite sur une trajectoire circulaire autour de la Terre, puis a progressivement calé sa course sur celle de la station spatiale, en plusieurs étapes de plus en plus précises. Après plusieurs tours de Terre (durant chacun 90 minutes), les deux vaisseaux spatiaux finissent par se retrouver face à face, exactement alignés, exactement à la même vitesse, pour qu’il ne reste qu’à les rapprocher mètre par mètre, puis centimètre par centimètre, avant de verrouiller l’attache. «Il va falloir une journée complète pour faire quatre impulsions de manière à se connecter à la Station, à faire le «docking», le «rendez-vous», avec une vitesse suffisamment lente (25 à 30 cm /s)», a détaillé l’astronaute français Michel Tognini sur Franceinfo.
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Déjà âgée de 25 ans, la station spatiale internationale est un équipement vieillissant. D’ici sa désorbitation, prévue pour 2031, elle continuera à accueillir des équipages internationaux. Mais d’autres projets sont déjà en cours d’élaboration : la Nasa et ses partenaires – dont l’Europe – investissent par exemple dans une nouvelle station autour de la Lune.




