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Contretemps

Mission Artemis 2 : un problème technique lors de la répétition générale repousse le départ des astronautes vers la Lune

Une fuite d’hydrogène a interrompu la simulation de lancement de la fusée géante SLS dans la nuit du lundi 2 au mardi 3 février. La Nasa envisage désormais un décollage au mois de mars.

La vaisseau spatial Orion sur la rampe de lancement 39B du Centre spatial Kennedy à Cap Canaveral, en Floride, le 1er février 2026. (Miguel J.Rodriguez Carillo/AFP)
Publié le 03/02/2026 à 15h38

Rien ne sert de courir, il faut décoller à point. Voilà le message qu’envoie la Nasa ce mardi 3 février, en annonçant que le lancement d’Artemis 2 est repoussé de quelques semaines. La mission qui doit envoyer des hommes faire le tour de la Lune – un voyage inédit depuis les années 70 – a fait l’objet d’une grande répétition générale ce week-end et lundi, et si tout s’est globalement bien déroulé, une fuite d’hydrogène persistante nécessite tout de même d’être corrigée avant le grand départ. La date du 8 février, initialement prévue pour ce décollage historique, est donc remplacée par une nouvelle fenêtre de tir à partir du 6 mars.

La répétition générale permettait de se mettre en situation de décollage pour repérer les moindres anomalies et risques de ce vol habité longue distance. L’événement a commencé samedi soir en Floride, sur le pas de tir du centre spatial Kennedy où est installée la fusée géante SLS, et a duré quarante-neuf heures. Toutes les équipes ont répété les procédures de lancement. Les astronautes eux-mêmes ne sont pas allés s’installer dans les sièges du vaisseau Orion, perché au sommet du lanceur à 98 mètres de hauteur, mais on a fait comme s’ils étaient là. Les portes ont été fermées et vérifiées, les batteries ont été chargées, tous les circuits (électrique, de ventilation, de chauffage…) ont été mis en route. Les différents systèmes d’évacuation d’urgence ont été testés. Et surtout, il s’agissait de procéder comme au jour J au remplissage des réservoirs en carburant.

C’est la manœuvre la plus délicate et donc la plus importante : transférer dans la fusée SLS et le vaisseau Orion plus de 2,65 millions de litres d’hydrogène (le combustible) et d’oxygène (l’oxydant) dans des réservoirs séparés. Au moment 0 du compte à rebours, leur mise en contact génère la combustion qui alimente les moteurs et fait décoller la fusée. Mais d’ici là, l’oxygène et l’hydrogène doivent rester confinés dans les réservoirs à l’état liquide, pour prendre moins de place. Et l’hydrogène ne reste liquide que s’il est refroidi à -253° C...

De petites fuites d’hydrogène liquide sont normales lors des opérations de transfert de carburant dans un lanceur, et la Nasa en avait déjà connu avec Artemis 1, le premier vol de test sans équipage qui a eu lieu en novembre 2022. Mais la quantité d’hydrogène évaporé doit rester sous un certain seuil, et ce seuil a été dépassé à la fin de la répétition générale, dans la nuit de lundi 2 à mardi 3 février. Il faudra faire mieux.

«La sécurité de l’équipage restera la priorité absolue»

«Les ingénieurs ont surmonté plusieurs défis au cours de ces deux jours de test et ont atteint bon nombre des objectifs fixés. Afin de permettre aux équipes d’examiner les données et de procéder à une deuxième répétition générale, la Nasa vise désormais le mois de mars comme date de lancement la plus proche possible pour le vol d’essai», a annoncé l’agence spatiale dans un communiqué paru le 3 février.

«La sécurité de l’équipage restera la priorité absolue, afin de garantir que les astronautes de la Nasa Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, ainsi que l’astronaute de l’ASC (Agence spatiale canadienne) Jeremy Hansen, rentrent chez eux à la fin de leur mission», affirme le communiqué de la Nasa. En quarantaine depuis le 21 janvier afin d’éviter tout risque de maladie, les astronautes membres de la mission vont être déconfinés. Ils devront à nouveau s’isoler deux semaines avant le décollage de la fusée.

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