Menu
Libération

Sexualité des jeunes : comme papa-maman ?

Réservé aux abonnés

Rapports. D’après des sociologues qui se sont penchés sur les pratiques des 18-24 ans, les stéréotypes sont tenaces. Débat ce soir à Sciences-Po.

A couple walk during a snowfall in an amusement park in Tbilisi, November 28, 2011. REUTERS/David Mdzinarishvili (GEORGIA - Tags: SOCIETY ENVIRONMENT TPX IMAGES OF THE DAY) (Photo David Mdzinarishvili. Reuters)
Publié le 15/02/2012 à 0h00, mis à jour le 15/02/2012 à 14h59

La révolution sexuelle ? Quelle révolution sexuelle ? «Au mieux, on a connu une évolution. Mais parler de révolution, au vu du chemin qu'il reste à parcourir, est impossible», posent d'emblée Yaëlle Amsellem-Mainguy et Wilfried Rault, jeunes sociologues organisateurs d'un débat qui se tiendra ce soir à Sciences-Po sur le thème «Jeunesse et sexualité : expériences, espaces, représentations» (1). Ambition ? Mettre le doigt sur tout ce qui coince encore. «Les normes qui encadrent la sexualité sont toujours bien là, insiste Yaëlle Amsellem-Mainguy. On a pu les imaginer diluées, mais il n'en est rien : diversifiées et recomposées, elles perdurent.» Des travaux de sociologie récents vont servir de base à cette exploration de la sexualité des 18-24 ans. Leurs conclusions sont souvent sans appel : la sexualité reste genrée, dépendante des stéréotypes masculins ou féminins ; les deux figures repoussoirs de «la pute» et «du pédé» ont la vie longue ; et les adultes éprouvent toujours une forme de panique morale à l'égard du sexe des jeunes.

La norme, la pute et le pédé

Même en 2012, l'ordre hétérosexuel fait toujours la loi et les normes. Il exclut et stigmatise ceux qui y dérogent. A travers deux études, l'une dans des cités d'Ile-de-France, l'autre dans la campagne de la région Centre, Isabelle Clair (CNRS) décrit cette «hétéro normativité» qui veut qu'un garçon soit «tout sauf une fille» (sinon c'est un pé

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique