Mais qu'est-ce qui peut bien pousser une intellectuelle de 90 ans à remuer dans un essai une affaire a priori aussi désuète que la Virginité féminine (1) ? Pourquoi consacrer des centaines de pages à une affaire d'hymen, quand le fond de l'air prône une sexualité débridée ?
En ce mois de mars 2012, l'ouvrage d'Yvonne Knibiehler, historienne et féministe, a le mérite de détonner. Là où on croyait au non-sujet, du moins en Occident, et à l'exception des religieux, toutes confessions confondues, surprise. «J'ai été frappée par l'augmentation du nombre de certificats de virginité et par la publicité faite aux hyménoplasties, essentiellement demandées par des musulmanes, raconte Yvonne Knibiehler. J'ai longuement discuté avec elles : en ayant recours à la chirurgie, elles se réinscrivent dans une tradition familiale. Mais il n'y a pas que les musulmanes. Plus j'ai exploré le sujet, plus il est devenu passionnant. Il y a ce mouvement No Sex né aux Etats-Unis : dominer son corps pour être plus disponible aux autres. Et enfin, cette déclaration très surprenante de Paris Hilton affirmant qu'au moment de se marier, elle ferait refaire son hymen.»
Membrane. Scotchée, l'intellectuelle s'est bien sûr plongée dans l'histoire de la virginité. Dans cet hymen que longtemps, les médecins, tous des hommes, n'ont pas exploré, laissant la reconnaissance de cette membrane aux seules sages-femmes. Bien sûr, elle a revisité le christianisme, qui a imposé au




