Les intellectuels interrogés par le Point du 22 mars à propos du tueur de Toulouse ont tous insisté sur le fait que la croisade meurtrière de cet individu, si abjecte soit-elle, ne le retranchait pas pour autant de l'humanité. A leurs yeux, la haine, le désir de faire du mal aux autres sont le propre de l'homme. C'est pourquoi Mohamed Merah n'est pas un monstre mais une partie de nous-mêmes. En affirmant ceci, ils ne cherchaient pas à excuser l'assassin ou à amoindrir sa responsabilité mais à souligner le fait qu'il était malgré tout un humain, un prochain. Or, on imagine que leurs réactions auraient été très différentes si, au lieu de tuer ces enfants, Mohamed Merah les avait violés.
Dans ce cas, l’idée de monstre, de non-humain, d’étranger à nous-mêmes serait immédiatement apparue. Comme si cet effort que chacun peut faire avec l’acte le plus grave que l’on puisse commettre à l’encontre d’un vivant, celui consistant à lui faucher la vie alors qu’il ne souhaite pas mourir, était impossible avec les crimes sexuels.
Si cette mise au ban de l'humanité commença avec les pédophilies, les auteurs d'autres infractions sexuelles sont l'objet d'appréciations semblables. Ainsi, tandis qu'entre nous et les meurtriers - même les plus sanguinaires -, nous ressentons une différence de «degré»dans la capacité de haïr et de nuire à autrui, avec les criminels et les délinquants sexuels, il y aurait un écart de «nature». Comme si, entre les bonnes et les mauvaises ma




