Lâchez le mot «sex-addict» dans un dîner et l'œil frise immédiatement chez les convives. Sexe ? Goulu ? Gros appétit ? Super coup ? Vrai mec ou vraie salope ? Ça va bon train, laissant souvent de côté l'aspect principal de l'addiction, c'est-à-dire la souffrance répétitive. Backrooms, clubs échangistes, escort-girls à répétition, du cul et encore du cul : à partir de quel moment bascule-t-on d'une hypersexualité qui peut-être épanouie, à ce qu'il est convenu d'appeler une dépendance sexuelle ? Si l'affaire DSK, il y a pile un an, et la récente sortie du film Shame mettant en scène un dépendant sexuel pas franchement heureux, ont projeté sous les feux de l'actualité - chacun à leur manière - cette pathologie, il y aurait en France 5% à 10% de la population souffrant d'une addiction au sexe.
Jean-Benoît Dumonteix, coauteur avec la journaliste Florence Sandis du livre les Sex-addicts : quand le sexe devient une drogue dure (lire ci-contre) est psychanalyste et spécialiste de cette forme de dépendance qu'il traite dans son cabinet parisien. Entretien.
Depuis quand entendez vous parler d’addiction sexuelle ?
Je dirais environ cinq ans. J’ai suivi une formation sur les addictions et, à ce moment-là, j’ai décidé de faire mon mémoire, sur cette attitude compulsive et répétitive autour du sexe. Au départ, j’étais la risée de tout le monde. Aujourd’hui, tout le monde a admis la réalité de cette addiction qui engendre une très grande souffrance, comme les autres, avec ou sans produits.
Quelle en est la spécificité ?
C’est une substance que l’on a toujours s




