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Libération

Comptes de la vie amoureuse

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Sous l’impulsion des sites de rencontres, l’amour «se gère» comme le boulot.

Publié le 03/09/2012 à 19h17

Evidemment, il y a des cas pathologiques. Qui dressent des tableaux Excel de leurs conquêtes, qui font des fiches pour chacune, avec des commentaires dans la marge, voire des notes comme à l’école, qui se complaisent à établir des statistiques. L’un d’eux avait défrayé la chronique il y a quelques années avec son blog «jeniquecestmythique», récit ahurissant de douze mois passés sur un site de rencontres à butiner, comptabiliser et classer les blondes, les rousses, les brunes, voire à croiser les courbes sur la carnation avec les signes astrologiques…

Tout le monde n'est pas un «e-serial fucker». Mais la banalisation de la drague assistée par ordinateur a fait de la rencontre amoureuse une entreprise à part entière. Son credo : anticipation-planning-rentabilité. Comme un recruteur en ressources humaines, les clients des sites de rencontres repèrent des candidats, font passer des entretiens et, finalement, s'engagent ou pas. D'où l'idée du leader du marché, Meetic, de poser la question tout de go lors d'une récente table ronde : «Gère-t-on sa vie amoureuse comme sa carrière ?» A vec sondage d'opinion à la clé (1) et commentaire d'experts.

Challenge. «Gérer» : à lui seul, le verbe dit la confusion des registres. Or, à cette déroutante question, 47% des sondés ont répondu «Oui, la vie amoureuse se gère de la même façon que la carrière». Et plus ils sont jeunes (18-24 ans), plus ils en sont convaincus. Une deuxième question enfonce le clo

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