«Quel homme préoccupé de l'infini, dans le temps et l'espace, n'a pas construit cette "EROTIQUE" dans le secret de son âme ; quel homme soucieux de poésie, inquiet des mystères contingents ou éloignés, n'aime pas à se retirer dans cette retraite spirituelle où l'amour est à la fois pur et licencieux dans l'absolu ?» Sans doute une des meilleures introductions à l'œuvre de Robert Desnos, ces lignes sont tirées de la préface à un texte écrit en 1923 à la demande du collectionneur Jacques Doucet et qui, publié en 1953 aux éditions Cercle des arts, puis en 1978 dans le recueil Nouvelles Hébrides et autres textes chez Gallimard, tous deux épuisés depuis longtemps, reparaît en volume séparé.
Religieuse. Bien qu'assez court, De l'érotisme, considéré dans ses manifestations écrites et du point de vue de l'esprit moderne, tout en déployant un panorama historique des écrits érotiques, contient des intuitions décisives sur ce que Desnos percevait comme «le lieu de rencontre de l'esprit et de la matière et le seul domaine où tous les deux puissent se manifester dans leur plus extrême liberté».Desnos s'avère impitoyable, très peu d'auteurs trouvant grâce à ses yeux. Il n'hésite pas à se dédouaner en quelques pages de la littérature antique et n'épargne ensuite personne de ses remarques cinglantes. Dans les Contes de La Fontaine, il voit «un insupportable esprit d'après-dîner, un rire sous cape […], une excitation stéril




