Si le féminisme officiel critique la prostitution, un autre courant - qui revendique lui aussi l’émancipation des femmes - rétorque que cette activité serait notre commune destinée. Non seulement dans les pays démocratiques mais dans toutes les cultures, les faveurs sexuelles seraient ainsi toujours payées aux femmes d’une manière ou d’une autre.
Les tenants de cette thèse nomment ce phénomène universel l’échange économico-sexuel. La conclusion qu’ils en tirent, c’est qu’au lieu d’interdire le commerce du sexe, il faudrait que les femmes apprennent à mieux négocier. C’est par ce biais que les membres de ce groupe prétendument minoritaire rejoignent les thèses du féminisme officiel. Ce qui les gêne dans la prostitution n’est pas que les femmes échangent leurs faveurs sexuelles contre de l’argent mais qu’elles en tirent des bénéfices trop maigres. Ce qu’ils trouvent dégradant, c’est qu’au lieu d’obtenir des positions sociales stables en échange de leurs faveurs, les prostituées se contentent de quelques billets de banque. En bref, ces deux positions idéologiques, qui semblent à première vue s’opposer - elles le font d’ailleurs sur le métier de prostituée -, voudraient en fait que les femmes deviennent de meilleures négociatrices de leurs charmes. Comme si être pute était l’attribut de toute femme vivant en société.
Or, celles qui pensent que le féminisme devrait être un mouvement d’émancipation - et non pas d’asservissement des femmes comme c’est le cas aujourd’hui - ne sauraien




