Menu
Libération
Chronique «Philosophiques»

Onfray en pleine confusion de genre

Réservé aux abonnés

ParPaul B. Preciado
philosophe, directrice du Programme d'études indépendantes musée d'Art contemporain de Barcelone (Macba)
Publié le 14/03/2014 à 17h06

Dans sa dernière chronique, Michel Onfray (1) dit avoir découvert «avec stupéfaction les racines très concrètes de la fumeuse théorie du genre popularisée dans les années 90 aux Etats-Unis par la philosophe Judith Butler». Pour expliquer son effarement, il nous raconte l'histoire de David/Brenda Reimer. Etant bébé, David subit une opération du phimosis au cours de laquelle son pénis est accidentellement cautérisé. Le docteur John Money propose en 1966 une ré-assignation sexuelle de David vers la féminité : l'enfant doit devenir Brenda à l'aide d'opérations chirurgicales et de traitements hormonaux. Money, inventeur de la notion clinique du «gender», prétend ainsi prouver scientifiquement sa thèse, selon laquelle le genre n'est pas déterminé anatomiquement, mais peut être intentionnellement produit par l'interaction des variables hormonales et le contexte pédagogique. David/Brenda «grandit douloureusement… il est attiré par les filles». Il refuse la vaginosplastie, se fait prescrire de la testostérone, puis deux opérations de phalloplastie. Onfray s'exalte : «Devant sa détresse ses parents lui révèlent enfin la vérité. Brenda redevient ce qu'il était : David. Il épouse une femme. Mais ne trouve ni la paix ni la sérénité. Il se suicide en 2002 par une overdose de médicaments.» En 1997, le docteur Milton Diamond «découvre la falsification et la dénonce». Money n'a pas réussi à faire d'un garçon une fille. Le réel, la vérité anatomiqu

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique