C'est la révolution côté menstruations, ma parole. Sur le marché des fournitures pour règles, qui ne cesse d'innover dans une débauche de poétique pragmatisme, voilà deux petits nouveaux qui, s'ils laissent perplexes, donnent quand même envie de faire l'otarie avec les mains tellement on n'y aurait pas pensé.
A ma gauche, le Vagina-Veil. Mis au point par trois femmes d'origines culturelles différentes, Haya, des Emirats, Sarah, d'Israël et Lolly, de Chypre (la société y est implantée depuis 2013), l'objet ne se présente pas comme un tampon œcuménique. Non, c'est plus sioux que ça : c'est un voile de fin de règles, une PREMIERE MONDIALE en France, nous renseigne le dossier. Ni tampon, ni protège-slip, mais les deux. Commes des échantillons nous sont parvenu, nous avons fait le test discrètement dans un verre, personne ne souhaitant le tester in vivo – le métier se perd. Un tube en plastique, comme dans un tampon syndical, et recouvert d'un voile léger qui va se nicher dans les parois du vagin pour éponger le peu de sang de la fin de règles nous apparaît dans le verre prêté par notre spécialiste food. Le fil qui dépasse permet donc d'ôter délicatement le voile, une fois sa mission remplie. Qui veut tester le voile intra-vaginal ira sur veilshop et nous fera parvenir ses impressions.
A ma droite, la version culotte périodique, qui n'est pas sans rappeler ma pauvre grand-mère et ses linges ensanglantés à laver (à l'eau froide, le sang tache, sinon) tous les mois. Une invention de la société Thinx, dont le site explique comment les femmes modernes font avec leurs règles, et propose trois possibilités : string, culotte, boxer, soit celle pour les jours light, début ou fin de règles, celle pour les jours moyens (?), celle pour les jours, pfiou, enfin ces jours-là, quoi. Chacune coûte en gros 30 euros, promet de passer toute la période sans autre protection, a donc un argument écologique, «je ne fais pas de gâchis avec mes serviettes et mes tampons», et il suffit de laver son kit pour être parée au prochain débarquement des Anglais.
C'est bien expliqué ici :
Le principe est simple : quatre strates de tissu sont cousues dans la culotte pour tenir bien au sec, on passe les détails anti-débordement, ça va, là. En pratique, il faut rincer rapidement la culotte à la main avant de la mettre en machine ou faire la lessive à la main, à l'eau froide on le répète. Imaginé par des femmes de New York et réalisé par d'autres du Sri lanka, et non l'inverse, (détails ici), les culottes périodiques servent aussi à la bonne cause : des sous sont utilisés pour acheter des protections à des femmes des pays pauvres, en l'occurence en Ouganda avec l'association Afripads, qui milite entre autre pour que les écolières aient accès à des kits pour couvrir ce moment délicat. Va pour le côté solidarité, mais on va plutôt rester sur ce bon vieux tampax Super, en fait. Parce que l'histoire ne dit pas si on peut se baigner avec, quoi.




