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13 Novembre : la cagnotte pour «Sonia», lanceuse d’alerte qui a dénoncé Abdelhamid Abaaoud, dépasse les 200 000 euros

Le témoignage de cette jeune femme avait permis l’appréhension du coordinateur des attentats du 13 Novembre et empêché la réalisation d’autres actions terroristes en Ile-de-France.

L'opération du 18 novembre 2015 à Saint-Denis. (Denis Allard/Libération)
Publié le 25/12/2025 à 15h28, mis à jour le 26/12/2025 à 10h08

Une cagnotte pour «aider Sonia, héroïne oubliée» des attentats de 2015, a dépassé vendredi 26 décembre les 200 000 euros. Un élan de générosité qui lui va «droit au cœur», avait réagi la veille, auprès de l’AFP, alors que la cagnotte atteignait les 179 000 euros, cette femme qui a dénoncé Abdelhamid Abaaoud, le chef des commandos jihadistes du 13-Novembre.

«Je suis touchée, émue, on me redonne un peu d’existence, ça me va droit au cœur», avait déclaré «Sonia», qui répondait aux questions transmises à son avocate, Samia Maktouf, par écrit. La vie de cette femme, dont le visage, le nom et la nouvelle identité sont restés inconnus du grand public, avait basculé le 15 novembre 2015. Ce jour-là, surlendemain des attentats islamistes qui ont frappé Paris et Saint-Denis, tuant 130 personnes, elle avait croisé la route du chef du commando responsable des attentats. Abdelhamid Abaaoud, que l’on croyait alors en Syrie, était caché dans un buisson, le long de l’autoroute A86, à Aubervilliers.

Le lendemain, malgré les menaces, elle contacte les autorités. Le 18 novembre, Abaaoud est tué avec deux complices lors d’un assaut à Saint-Denis avant une nouvelle vague d’attentats prévue, selon elle, dans le quartier d’affaires de la Défense, près de Paris. «Je n’ai pas dénoncé les terroristes pour obtenir quoi que ce soit, je l’ai fait par amour pour l’humain et par acquis de conscience», souligne «Sonia», assurant ne «rien» regretter.

Cette jeune mère de famille, placée sous le statut de témoin protégée, un statut créé pour elle, avait alors dû dire adieu à son ancienne vie, se retrouvant sans ressource. «A ce jour, personne ne m’aide à me réinsérer professionnellement, ni socialement», affirme Sonia, qui rapporte avoir dû «contracter des crédits pour régler les charges familiales qui ont explosé dû à un état civil inexistant» après son changement d’identité.

«Nous lui sommes tous redevables»

La diffusion sur France Télévisions en novembre 2025 de la série 13 novembre, le Choix de Sonia, qui raconte son histoire, alternant fiction et témoignages réels, a poussé de nombreux téléspectateurs à appeler l’association Life for Paris «pour lui faire un don», raconte à l’AFP son président Arthur Dénouveaux, qui a lancé cette cagnotte.

«Je pensais qu’atteindre 10 000 euros serait déjà une immense victoire et un beau symbole. Mais nous voilà déjà à plus de 179 000 euros, c’est magnifique et cela peut vraiment lui changer la vie», s’est félicité Arthur Dénouveaux, contacté mercredi soir par l’AFP. Parmi les projets que cet argent permettra à Sonia de réaliser : rembourser ses dettes et «participer au financement des études» de ses enfants.

Plus de 5 000 contributions avaient été enregistrées en cette veille de Noël, deux semaines après le lancement de la cagnotte. Arthur Dénouveaux espère atteindre 250 000 euros d’ici la fin de la cagnotte dans environ trois semaines. «Sonia a empêché un attentat à la Défense […] nous lui sommes tous redevables», insiste-t-il, avant d’ajouter : «Aider Sonia, c’est montrer que la France est fière de ses héros. Beau message en 2025». Si, dix ans après le 13-Novembre, «Sonia» dit se sentir «vidée», «ce regain de générosité» lui «redonne de l’espoir, un début de renaissance».

Mise à jour le 26 décembre avec le dépassement des 200 000 euros

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