Alain Orsoni n’était pas là, mais ce n’est pas une surprise: depuis dix-sept ans que Me Max Joly le poursuit de tribunal en tribunal, il ne l’a encore jamais vu. Pas plus que la couleur de son argent. Alain Orsoni, le nationaliste corse, est introuvable, insolvable, et c’est visiblement bien à tort que le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), dont il est le patron, a pu être rebaptisé par de mauvais esprits Mouvement pour les affaires, voire de la Monnaie pour Alain.
Deux gendarmes, mitraillés en 1980 par un commando du FLNC, avaient demandé réparation à Orsoni. Et ils l’attaquaient hier devant la 13e chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour «organisation et aggravation frauduleuse d’insolvabilité».
Le 14 mai 1980 à 6 h 30, une BMW longe l’avenue d’Iéna à Paris et lâche une rafale de 11,43 sur les gendarmes mobiles en faction devant l’ambassade d’Iran, avec un paquet d’explosif qui saute sur le trottoir. Quatre militaires sont touchés, le plus âgé est mort depuis, le plus jeune a quitté aussitôt la gendarmerie. Les deux autres sont aujourd’hui partie civile: Christian Tournay a été grièvement blessé à la jambe, Pascal Perrin s’en est réellement sorti par miracle, la balle est entrée par la tempe droite et est ressortie derrière l’oreille gauche.
Cache. Une information a été ouverte devant la Cour de sûreté de l’Etat, qui, après une rapide enquête, a inculpé pour «tentative d’homicide volontaire» un certain Jeannik Leonelli et Alain Orsoni, alors âgé de 26 ans, inca




