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Libération

Les trop bons calculs de Pinault

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La justice s'intéresse à la Scoa, comptoir africain déficitaire racheté par l'homme d'affaires en 1996.

Publié le 17/07/2000 à 2h18

Le passé de François Pinault est une nouvelle fois en train de lui revenir à la figure. Sa fulgurante ascension ­ du négoce de bois à la grande distribution, du rachat d’entreprises en faillite aux grandes manoeuvres boursières ­ a laissé sur le chemin trop de mécontents pour permettre à l’ami du Président de jouir tranquillement de sa colossale fortune. Après Colette Neuville, pasionaria des actionnaires minoritaires, dont la plainte, instruite par Eva Joly, s’est traduite par une perquisition au siège du holding de Pinault (Libération du 16 juin), un autre minoritaire, Serge Pouillet, isolé mais particulièrement teigneux, est en train d’exhumer la vieille affaire Scoa (Société commerciale de l’Ouest africain). L’instruction de sa plainte, par les juges Courroye et Desmure, permet de mettre à jour la fameuse méthode Pinault: brutale, souvent à la limite de la ligne jaune ­ l’enquête en cours ne permet pas d’affirmer qu’elle fut franchie, fût-ce d’un orteil ­ et toujours avec ce souci d’en laisser le moins possible au fisc.

La Scoa est un vieux comptoir franco-africain, qui distribue sur le continent noir tout et n’importe quoi (automobile, alimentation, pharmacie...). Début 1993, son propriétaire, le groupe Paribas, désespère de se séparer de ce gouffre financier. Il reçoit plusieurs appels du pied de François Pinault (1), qui possède son propre comptoir, la CFAO (Compagnie française de l’Afrique occidentale). Mais les responsables de Paribas redoutent cet homme d’affaires,

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