L’exercice n’est pas facile. Le procureur de la République de Toulouse, Michel Bréard, est obligé de naviguer, de ménager les souffrances, celles des victimes, salariées ou non de l’usine AZF, tout en soutenant le travail des deux juges d’instruction Joaquim Fernandez et Didier Suc. Quatre personnes sur les onze interpellées ont été déférées devant les juges en fin d’après-midi hier, dans le cadre de l’instruction sur l’explosion de l’usine AZF qui avait fait 30 morts le 21 septembre 2001. Elles ont été mises en examen pour «homicides involontaires» et laissées libres.
Souffrance. D’avance, le parquet avait précisé qu’il ne requerrait pas le placement en détention : «Les gens à qui on impute de tels actes sont déjà suffisamment dans un état de souffrance pour que l’on puisse se dispenser d’en rajouter, alors que le caractère intentionnel de l’acte n’existe pas.» Hier et avant-hier, la CGT a manifesté devant l’hôtel de police, en dénonçant les gardes à vue «monstrueuses et scandaleuses» de leurs collègues considérés comme de simples exécutants, des lampistes qui endosseraient les dysfonctionnements d’un système défaillant. Cette douleur est perceptible ailleurs. Frédéric Arrou, porte-parole des sinistrés du 21 un collectif qui regroupe 1 002 victimes de dégâts matériels, de blessures corporelles ou des familles de personnes décédées , comprend que «le coup est un peu rude, car les salariés n’avaient pas besoin de ça. Ils ont le sentiment que l’on s’occupe de ceux




