Colmar, envoyé spécial.
Samedi après-midi, le glas résonne dans les rues du centre de Colmar (Haut-Rhin). Sur le passage du cortège, badauds et commerçants se figent. Silence. Ils sont au moins 5 000 à défiler pour rendre hommage à Julie, 14 ans, disparue le 25 juin près de Schirmeck et retrouvée morte le 3 juillet. Son portrait est partout : agrafé sur les 250 pancartes confectionnées par des bénévoles, tenu à bout de bras ou épinglé sur le torse des marcheurs silencieux venus de toute l’Alsace, du grand Est et même de Belgique.
Dénudé. A l’origine du rassemblement, les parents de Julie ouvrent la marche derrière une banderole proclamant : «Pour Julie, fini les discours : de l’action et des moyens.» Pierre Bodein, dit Pierrot le fou, est dans tous les esprits. Ce récidiviste de 57 ans, qui a bénéficié d’une libération conditionnelle en mars, est mis en examen pour «enlèvement et séquestration suivis de mort» pour le meurtre de Julie. Il nie. Bodein est également soupçonné du meurtre de Jeanne-Marie, 11 ans, dont des traces d’ADN ont été retrouvées dans sa voiture, ainsi que pour la mort d’Hedwige Vallée, 38 ans. Son cadavre, comme ceux de Julie et Jeanne-Marie, a été retrouvé à demi dénudé dans un cours d’eau, avec des lacérations au bas-ventre. Les parents d’Hedwige Vallée, lui en fauteuil roulant, elle derrière, sont aux premiers rangs du défilé. Plus loin, d’anciennes victimes de Bodein : une femme violée en 1992 et un policier qui a reçu du plomb dans la tête la même anné




