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Dans le camp d’urgence des Roms de Saint-Denis

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«Libération» a rencontré les 19 familles installées depuis deux mois par Médecins du monde aux portes de Paris.

Des Roms dans un camp à Saint-Denis, le 7 août. (© AFP Joel Saget)
Publié le 28/07/2009 à 6h51, mis à jour le 28/07/2009 à 6h51

«On ne peut pas rester comme ça. Ici, ils ne font que survivre», dit Falilou, logisticien de Médecins du monde. Loin de tout, derrière un mur éventré, l'organisation humanitaire a installé, le 26 mai, un campement d'urgence, dans un terrain vague près de la Seine, sur la commune de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), pour accueillir dix-neuf familles roms victimes d'un incendie à Bobigny. «On a 40 enfants, dont 10 nourrissons ici, dit Falilou. Deux d'entre eux sont nés à l'hôpital d'à côté.» En faisant fi du contexte, la préfecture de Seine-Saint-Denis a attaqué Médecins du monde pour «occupation illégale d'un terrain appartenant à l'Etat». Elle a été déboutée, le 20 juillet par les juges du tribunal de Bobigny (lire page suivante). Dans la soirée, Falilou a annoncé la nouvelle au campement : «Les gens étaient en cercle autour de moi quand j'ai reçu le coup de fil. Tout le monde s'est levé. Ils ont crié victoire ! Ils ont approché la voiture, ils ont mis de la musique de Roumanie, et ils ont dansé. C'était sympathique. Ils étaient inquiets, parce qu'ils craignaient une nouvelle expulsion.» «Sur la place, on a dansé, approuve Elena, 10 ans. Et Falilou aussi, il a dansé !» Le logisticien acquiesce, souriant. Au-dessus de sa tête, des camions s'avancent comme un troupeau sur la bretelle de la A86 qui surplombe le campement.

«Terrain vague». Médecins du monde s'est installé ici dans la nuit. «Ces familles ont

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