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Interview

«Privé, public : des mondes qui s’ignorent»

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Bernard Toulemonde, inspecteur général, analyse les effets du texte du 31 décembre 1959.

Publié le 28/12/2009 à 0h00

Bernard Toulemonde est inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale. Il est l’auteur du chapitre sur «Les nouveaux enseignements confessionnels» dans la troisième édition de l’ouvrage le Système éducatif en France (1). Il analyse les effets de la loi Debré du 31 décembre 1959 «sur les rapports entre l’État et les établissements d’enseignement privé».

La loi Debré a-t-elle mis fin à la guerre scolaire entre public et privé ?

Elle a permis une coexistence à peu près pacifique entre ces deux systèmes. Le public a piqué des idées au privé : par exemple, les projets d’établissement ou le concept de communauté éducative. En dehors de ça, ces deux mondes s’ignorent avec, de temps en temps, des escarmouches comme lors du débat sur la loi Carle sur le financement des écoles privées par les communes.

Regrettez-vous ce manque de coopération ?

Le projet Savary du début des années 80 était de créer un «grand service public unifié et laïc de l'éducation nationale» mettant en réseau les établissements publics et privés. On voulait que les parents puissent choisir librement l'école de leur enfant en fonction de son projet, qu'il soit confessionnel ou pédagogique (sportif, lié aux langues vivantes, culturel). Les partisans de l'école privée et les milieux laïcs n'en ont pas voulu. Du coup, il a échoué.

Vous faites néanmoins un bilan «très positif» de la loi Debré. Pourquoi ?

Je pense qu’on peut dire, honnêtement, que cette loi est profondément républicaine. Elle a imposé à l’enseignement privé des règles de service public, elle l’a obligé à accueillir tous les enfants quelle que soit leur confession, à respecter les programmes de l’enseignement publ

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