Philippe Courroye, le procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine), peut-il garder seul la gestion judiciaire de l'affaire Bettencourt ? Vendredi, Me Antoine Gillot, l'avocat de la comptable Claire Thibout, s'est indigné «que cette affaire ne soit pas encore confiée à un juge d'instruction». Depuis la divulgation des enregistrements du maître d'hôtel, et l'envol de l'affaire Bettencourt, le procureur de Nanterre a ouvert rien de moins que trois enquêtes préliminaires. La première pour «atteinte à la vie privée», et «vol de documents». La seconde, sans motivation juridique précise, relatives aux déclarations de la comptable. Et la troisième, aujourd'hui, pour «blanchiment de fraude fiscale». Un front judiciaire morcelé, et sous son seul contrôle. Les problèmes juridiques sont nombreux.
«Irrecevabilité». Christophe Régnard, de l'Union syndicale des magistrats (majoritaire), déplore le fait que Claire Thibout soit entendue sous deux «régimes» différents - celui de témoin et celui de suspect. «L'état d'esprit qui est le sien doit être difficile, note-t-il. Ce qu'elle peut dire dans des procédures comme témoin peut être retenu contre elle dans le cadre de la dénonciation calomnieuse.» Le magistrat s'interroge aussi sur le fondement juridique de la poursuite. «Quel est le cadre défini par les enquêtes préliminaires ?» demande-t-il. La position de Philippe Courroye lui-même reste délicate. «C'es




