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grand angle

Roms, vies ouvertes

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Un dimanche avec des familles en transit dans un bois du Val-de-Marne.

Publié le 14/09/2010 à 0h00

De la route qui longe la Seine, le campement de Villeneuve-le-Roi, dans le Val-de-Marne, est invisible. Une dizaine de cabanes, ossatures de bois tendues de bâches bleues, à l'abri d'un bosquet. Une trentaine de personnes vivent ici, les premières sont arrivées en avril, nous sommes en septembre. Amis, cousins, sœurs, beaux-frères : ces Roumains, Roms pour la plupart, sont tous originaires des campagnes autour de Craiova, près de la frontière bulgare.«Nous non plus, on n'apprécie pas cette vie de parasites. Si on pouvait, on resterait en Roumanie avec nos proches, plutôt qu'ici dans la forêt», lance Nicolae, 29 ans. Ce père de trois enfants a acheté une maison dans son pays, grâce à cinq années de travail en Italie. «Mais si on n'a pas d'emploi, pas de quoi manger au jour le jour, à quoi ça sert ?» Eli, son fils de 8 mois, est en France. Les deux autres, 5 et 6 ans, sont restés en Roumanie, chez les grands-parents.

«Donnez-moi du travail et je ne mendie plus»

Voilà dix ans que Nicolae a quitté son pays. Travailleur agricole depuis l'âge de 14 ans - «Mes parents ne pouvaient pas élever seuls six enfants» -, à 19 ans, il est parti ramasser les tomates dans le sud de l'Italie où beaucoup de Roms ont vécu quelque temps. «Là-bas, je travaillais légalement, je louais un appartement, mes enfants allaient à la maternelle, on avait l'argent pour les élever. On croyait que tout irait mieux», rapporte-t-il. Mais le travail s'est raréfié. «Ils ont mécanisé l'exploitation, se souvient Ili

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