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Libération

L’été où la France s’est mise au ban de l’Europe

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Un incident mettant en cause des gens du voyage a fourni le prétexte à la vague d’expulsions ciblées.

Publié le 08/10/2010 à 0h00

Si la traque contre les Roms ne date pas d'hier, la séquence actuelle débute le 21 juillet. A l'occasion de violences à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), où des gens du voyage ont attaqué la gendarmerie après la mort de l'un d'entre eux, Nicolas Sarkozy déclare que ces incidents «soulignent les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms». Le 28 juillet, Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, annonce le démantèlement de la moitié des 600 camps illégaux dans les trois mois et l'expulsion des «Roms qui auraient commis des atteintes à l'ordre public ou des fraudes».

Le 31 juillet, à Grenoble, le chef de l'Etat enfonce le clou : «Nous devons mettre un terme aux implantations sauvages de campements roms. Ils constituent des zones de non-droit qu'on ne peut tolérer en France».

«Priorité». Le 5 août, le ministère de l'Intérieur publie sa désormais fameuse circulaire. Elle passe d'abord inaperçue, alors qu'il y a un flagrant délit de discrimination : le texte ordonne aux préfets que «300 campements ou implantations illicites devront être évacués d'ici trois mois, en priorité ceux des Roms».

Le 18 août, Teodor Baconschi, ministre roumain des Affaires étrangères, se dit inquiet des «risques de dérapage populiste» et de «réactions xénophobes» contre les Roms. Les gouvernements roumain et bulgare vont poursuivre leurs critiques les semaines suivantes. Mi-août toujours, les exper

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