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Récit

Rétrocommissions de Karachi: Millon renforce les soupçons

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Entendu par le juge Van Ruymbeke, l’ex-ministre de la Défense a fait part de son «intime conviction» sur l’existence de versements occultes liés à la vente de sous-marins au Pakistan.

L'ancien ministre de la Défense Charles Millon, le 20 septembre 2008 à Izernore (AFP Jeff Pachoud)
Publié le 18/11/2010 à 0h00

Les rétrocommissions sur le contrat d'armement pour la vente de trois sous-marins au Pakistan ne représentent plus une « fable » - qualification choisie par Nicolas Sarkozy, en juin 2009, au lendemain des premières révélations de Libération. Lundi, l'ancien ministre de la Défense Charles Millon, entendu comme témoin devant le juge Renaud Van Ruymbeke, a avoué son «intime conviction» quant à leur existence. Mieux, il a expliqué dans quelles conditions son cabinet a supervisé une enquête menée par les services secrets de la DGSE afin de connaître tous les détails de ces opérations financières délictueuses.

Caisses noires. Les rétrocommissions constituent des prélèvements clandestins, au profit de dirigeants français, effectués sur les commissions versées aux personnes qui facilitent la signature d'un contrat à l'étranger. D'où l'utilisation du préfixe «rétro». La part d'un intermédiaire étranger est ainsi augmentée pour organiser un retour secret vers la France.

Le 21 septembre 1994, le gouvernement Balladur, par son ministre de la Défense François Léotard, signe un contrat de 5,41 milliards de francs avec le Pakistan. Il impose à la dernière minute un réseau d’intermédiaires emmené par deux hommes d’affaires libanais, Ziad Takieddine et Abdelrahmane el- Assir. Lesquels exigent et obtiennent - pour partie - 216 millions de francs de commissions, en plus de celles déjà promises à des responsables pakistanais. Les deux hommes d’affaires

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