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Décryptage

De Ryad à Karachi, les dessous de la corruption

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Sur fond de fièvre chez les politiques, Michel Mazens, témoin clé, admet l’arrêt de rétrocommissions, mais «sans lien» avec l’attentat de 2002.

Site de l'attentat qui a fait 14 morts et 12 blessés le 8 mai 2002 à Karachi. (© AFP Rehan Arif)
Publié le 22/11/2010 à 0h00

L'intervention, vendredi soir, de Dominique de Villepin confirmant sur TF1 l'existence de «très forts soupçons de rétrocommissions» dans la vente de sous-marins au Pakistan en 1994, met à vif les nerfs de Nicolas Sarkozy, qui répond avec virulence. Les deux ennemis occupent le devant de la scène (lire page suivante). Dommage. Car sur le fond, le dossier Karachi marque de réels progrès. D'abord, un témoin, Michel Mazens, ex-cadre supérieur de l'armement, raconte comment en 1995 Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Elysée, le charge de faire arrêter ces rétrocommissions, sur ordre du nouveau président de la République Jacques Chirac.

Pour la première fois, la justice possède des preuves pour enquêter sur ces flux artificiellement surévalués, dont une partie devait revenir ensuite à des personnalités françaises. Samedi, Nicolas Sarkozy a assuré qu'il aiderait la justice : «Le ministre de la Défense[Alain Juppé] comme moi-même nous sommes décidés à ce que tous les documents qui sont demandés soient communiqués en temps et en heure», affirme-t-il. «A ma connaissance aujourd'hui, pas un document n'a été refusé», ajoute le chef de l'Etat. Oubliant que certains documents transmis étaient largement amputés…

La justice travaille sur deux axes. Elle s'interroge sur un possible financement illégal de la campagne en 1995 d'Edouard Balladur, via les rétrocommissions. Nicolas Sarkozy était alors son porte-parole.D'autre part, elle enquête sur les c

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