A ce stade, rien ne permet de soupçonner le président de la République d’avoir profité d’un schéma de corruption lors de la vente de trois sous-marins au Pakistan en 1994. La mise en évidence de certaines pièces devrait toutefois inciter Nicolas Sarkozy à s’expliquer.
Elles portent sur le fonctionnement d’une société luxembourgeoise, Heine. Fondée en 1994 avec son aval, en tant que ministre du Budget, Heine sert à payer les discrètes commissions promises aux dirigeants étrangers qui passent commande des bâtiments de combat de la Direction des constructions navales (DCN), elle-même contrôlée par l’Etat.
Un rapport des policiers luxembourgeois explique : «En 1995, les références font croire à une forme de rétrocommissions pour payer des campagnes politiques en France.» Factuellement, il s'agit des opérations bancaires au profit du «réseau K» mis en place par les balladuriens (lire page 2). Elles pourraient avoir profité au financement de la campagne d'Edouard Balladur.
Déséquilibre. Problème : en 1994, en tant que ministre du Budget, Nicolas Sarkozy s'oppose à la vente des trois sous-marins au Pakistan. Pour cause de déséquilibre économique du projet, comme le rappelle une note de Bercy du 22 mars 1993. Si le contrat des sous-marins a généré des rétrocommissions, Nicolas Sarkozy n'a pas encouragé sa signature.
L’affaire pourrait se limiter à cette constatation. Cependant, l’audition, le 9 novembre, d’un ancien responsable financier de DCN, ajoute de nouve




