Menu
Libération

Karachi : Villepin persiste et signe chez le juge

Réservé aux abonnés

L’ancien Premier ministre, auditionné hier par Renaud Van Ruymbeke, a officialisé ses soupçons sur les rétrocommissions.

Dominique de Villepin répond aux journalistes après sa sortie du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, le 25 novembre 2010. (© AFP Boris Horvat)
Publié le 26/11/2010 à 0h00, mis à jour le 26/11/2010 à 8h31

Lors de son audition, hier, devant le juge Van Ruymbeke, Dominique de Villepin a exprimé ses forts soupçons sur l’existence entre 1993 et 1995 d’un financement illicite des balladuriens en relation avec des ventes d’armes. Surtout, il a donné au moins un nom comme possible organisateur de ces opérations.

Celui de Ziad Takieddine, intermédiaire libanais cité à plusieurs reprises dans le dossier des deux contrats passés entre septembre et novembre 1994 ; l’un avec le Pakistan et l’autre avec l’Arabie Saoudite. Tous deux prévoyant la fourniture de bâtiments de guerre (sous-marins et frégates) fabriqués par la DCN (Direction des constructions navales).

Takieddine, domicilié à Beyrouth, apparaissait alors comme l'animateur d'un curieux dispositif en relation notamment avec le contrat des sous-marins. Il utilisait une société panaméenne, Mercor, dirigée par un couple d'avocats suisses, Catherine et Hans-Ulrich Ming, pour monnayer dans des banques européennes les contrats de consultant passés avec la DCN. Un document bancaire révélé en avril par Libération montrait qu'au cours de la seule année 1995, cette combinaison avait permis à Mercor de récolter pour 54 millions de francs cash.

Entré hier, peu après 14 heures, dans le bureau du juge, Villepin y est resté jusqu’au soir pour répondre aux questions du magistrat sur les flux financiers suspects de l’époque. Ainsi qu’à celles d’Olivier Morice, l’avocat de certaines familles de victimes de l’attentat de Karachi, partie civile

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique