En éducation, le parti au pouvoir a une conception bien à lui de la laïcité. Nicolas Sarkozy, qui s’était laissé aller à dire que «dans la transmission des valeurs jamais l’instituteur ne pourrait remplacer le prêtre ou le pasteur», est devenu discret en la matière. Il n’aborde plus guère les questions religieuses, ne vante plus la «laïcité positive» de ses débuts. Mais au sein de l’UMP, des élus continuent leur croisade. Ainsi le sénateur de Haute- Savoie Jean-Claude Carle, bête noire des militants laïcs, vient de faire voter un amendement sonnant et trébuchant à la loi de finances 2011 en faveur de l’enseignement privé sous contrat-catholique à plus de 90 %. Concrètement, 4 millions d’euros supplémentaires vont lui être alloués, soit 250 postes. Un joli cadeau de Noël.
Le ministre de l'Education Luc Chatel n'a donc rien pu faire. Lors des débats parlementaires, il s'était opposé à cet amendement. A la veille de la commission mixte paritaire (7 députés et 7 sénateurs) chargée de trouver un accord, il répétait que le gouvernement maintenait son opposition. Mais le sénateur Carle et ses amis n'ont rien voulu entendre. D'après eux, la suppression prévue en 2011 de 1 633 postes dans le privé risquait de «conduire à des situations dramatiques» - la suppression de 13 767 postes dans le public les laissant indifférents. Alors ils sont allés piocher dans les crédits réservés au public pour les donner au privé. Le sé




